J’appartiens à une minorité visible.
Bizarre, ça ne se voit pas.
H.
PS : C’est d’un snob, les mini-post dans les blog
1 février 2007
J’appartiens à une minorité visible.
Bizarre, ça ne se voit pas.
H.
PS : C’est d’un snob, les mini-post dans les blog
22 décembre 2006
Il y a, dans la mise en scène théatrale, une énergie qui relève parfois de la magie.
Espace La Comedia : Une petite salle de théatre ou la pénombre fait oublier le monde extérieur, l’imaginaire lié à celui du comédien, puis à celui du publique, l’impression de faire partie d’une unité et de ne plus être soi le temps d’un spectacle. Des éclats de rire anonyme dont on reconnait l’origine maghrebine aux thèmes qui les déclenchent, aux boutades qui réveillent, et aux petits mots en arabe qui sentent si bon le souvenir.
Marzouk occupe son espace. La lumière l’aide un peu, les costumes sont minimalistes. Quelques sons ponctuent mais tout se joue dans son art de la mise en scène. Les histoires s’enchainent et les personnages défilent avec une simplicité et une pureté qui font oublier qu’il n’y a qu’un seul homme sur scène, sans autre décor qu’une chaise et une table, sans autre artifice que celui des mots.
Alors on se laisse aller au voyage, se retrouvant, tour à tour, sur un stade de foot, puis dans une salle de classe, dans la boutique d’un boucher hallal, une chambre d’enfant. Sans escale ni turbulence, le voyage sera court mais agréable, le message parfois confus mais optimiste.
Un doux moment pour nos soirées d’hiver et pour éviter la staracodomie
Hchicha
————–
Plus d’info : http://marzouk.fr/
Et d’autres commentaires sur cette pièce : http://www.telephonearabe.net/
12 février 2006
Le train s’arrête, doucement. Les autres se pressent aux portes, je les laisse s’agglutiner et me range derrière eux, le plus en arrière. Les freins poussent un cri qui va crescendo jusqu’à l’arrêt. Un mouvement lent nous déplace tous puis enfin, la porte s’ouvre.
Je me cache dans le flot humain, et je descends les marches, difficilement. Mon pantalon est collé. Non, personne ne me voit. Ils ont tous une place à prendre.
Non, personne ne me voit, ils doivent tous sortir, pressés.
Je marche donc, le pantalon collé. Il fait froid, déjà, dans la gare.
Je presse le pas, dans la mesure du possible, sans décoller les cuisses, sans desserrer les fesses.
Vite, m’échapper de la foule, m’échapper. Quelqu’un en face. Il se dirige vers moi. Vite, un mur, je longe le mur, je n’en peux plus. Je n’appartiens plus à la société, je ne suis plus humain. Je suis réduit à la honte, et je m’exclus, moi-même.
Je ne trouverai rien ici. C’est une gare. Trop de gens. Cette fille, en face.Je m’approche des tourniqués. Vite, mon ticket. Vite, sortir. Vite, m’isoler.
Dans quelle poche ? Vite… Non, je ne l’ai pas perdu ? Non, personne ne me voit. Ah, il est là.
Vite. Je suis sorti de la zone de validité de mon ticket de zut. Je me dirige vers l’extérieur. Encore cet immense hall à franchir. C’est 10 fois la superficie de mon studio, ou peut être plus. Encore quelqu’un en face. Ce mur me protègera. Stupide, je n’arrive pas à marcher plus vite. Pourquoi ne me suis-je pas habillé en noir ? Personne n’aurait rien vu. J’aurai pu finir la journée tranquillement, après avoir séché.
Il fait de plus en plus froid. Le vent est glacé. C’est plus mouillé que ce que je pensais. Vite…
Ouf, le bus est là, juste à son arrêt. Encore un mûr. Mes pas ne sont pas plus grands, rien à faire. Un angle. Un autre mur.
Au fond, là, c’est pour moi. Personne derrière ? Non, il va tout droit. Il ne longe pas le mur. Il prend pythagore.
Vite, j’écarte les jambes et décolle les cuisses. Je retrouve ma vitesse de croisière. Je marche comme un jeune homme dans un beau costume.
Personne en face. Je m’arrête, face au mur. A 10 cm. Mon front colle à la brique.
Oh, c’est si mouillé que ça ? Bon, une seconde de plus et j’inonde encore. Je sors le robinet du slip. Mon pantalon et ma chemise sont mouillés jusqu’au genoux.
Et j’expire. Ah. J’en avais encore une longue. Heureusement que je n’ai pas lâché celle là non plus.